| Étude
des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire Une conception de la poésie et du poète |
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Correspondances La
Nature est un temple où de vivants piliers (Spleen et Idéal, IV - Édition de 1861)
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Pistes
pour une lecture méthodique Le thème central est évidemment celui des correspondances. Mais on peut en distinguer deux sortes:
4. Étude des images et des comparaisons | ||||||||||||||||||||
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Pour
certains penseurs, l'homme est une réplique, à échelle
réduite, de l'univers. Selon le philosophe suédois Swedenborg
-dont l'influence est évidente chez Baudelaire-, "l'homme
intérieur est le ciel sous sa petite forme", et "le
ciel est un grand homme". En vertu de cette analogie, l'homme pourra
donc connaître l'univers mais aussi découvrir en lui son
appartenance au monde spirituel. Ainsi, dans "Correspondances",
le poète peut comprendre la nature parce qu'elle s'apparente
à l'être humain (les arbres sont "de vivants piliers",
v.1, qui prononcent de "confuses paroles", v.2). Mais il perçoit
encore dans l'unité de ses sensations (cf. thème des correspondances
horizontales) l'unité même de l'univers dont elle ne sont
que le reflet sensible: Les correspondances horizontales Baudelaire définit les correspondances entre les diverses sensations ou synesthésies dans un de ses nombreux textes critiques sur l'art: "Tout, forme, mouvement, nombre, couleur, parfum, dans la nature comme dans le spirituel, est significatif, réciproque (...) correspondant." Tout repose sur "l'inépuisable fonds de l'universelle analogie". Ce sonnet synthétise cette théorie dans un vers célèbre: Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. (v. 8) Les
correspondances horizontales sont illustrées à partir
des parfums, d'abord assimilés à des impressions tactiles:
"frais comme des chairs d'enfants" (v. 9), ensuite appréhendés
comme des sons: "Doux comme les hautbois" (v.10); enfin confondus
avec les impressions visuelles: "verts comme les prairies"
(v.10). Le prolongement de l'expérience sensuelle en extase spirituelle Baudelaire
oppose aux parfums précedents les parfums "corrompus, riches
et triomphants" (v.11), privilégiés par leur pouvoir
de suggestion, "l'ambre, le musc (...) et l'encens" (v. 13)
appellent tout un monde exotique. En plus, leur faculté de propagation,
absolument illimitée, leur donne "l'expansion des choses
infinies" (v.12). Les parfums qui s'élèvent sans
cesse amènent l'auteur à rêver à des réalités
supérieures. L'expansion devient alors exaltation et l'ivresse
sensuelle aboutit à l'extase spirituelle car ces parfums "chantent
les transports de l'esprit et des sens" (v.14).
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