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Correspondances
La
Nature est un temple où de vivants
piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles
;
L'homme y passe à travers des forêts
de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin
se confondent
Dans une ténébreuse et profonde
unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs
et les sons se répondent.
II est des parfums frais comme des chairs
d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts
comme les prairies,
– Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens
Qui chantent les transports de l'esprit
et des sens.
(Spleen
et Idéal, IV - Édition de 1861)
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Pistes
pour une lecture méthodique
1. Situation
du poème
2.
Étude du vocabulaire
On remarque:
Un vocabulaire
concret se rapportant à la "Nature"
(v.1) et aux sensations: "forêts"
(v.3), "parfums", "couleurs", "sons" (v.8),
etc.
Un vocabulaire
abstrait présent:
-- dans le titre même du poème.
Le mot "correspondances"
est un terme employé par les mystiques pour désigner l'analogie
existant entre les différents règnes de la nature. Ainsi,
pour eux, le règne végétal et le règne animal
-dont l'homme fait partie- participent d'une vie identique et sont tous
deux l'incarnation d'une réalité spirituelle;
-- dans le concept d'"unité"
(v.6) essentiel dans la poésie mystique. Celle-ci se propose
de retrouver l'unité fondamentale de l'univers derrière
la diversité du multiple;
-- dans la référende à un langage
intelligible: "paroles" (v.2), "symboles"
(v.3).
3. Étude
des thèmes
4. Étude des images et des comparaisons
5. Portée du poème
6. Étude du rythme et des sonorités
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