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Harmonie
du soir
Voici
venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
(Spleen
et Idéal, XLVII - Edition de 1861)

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| A
la façon de "Correspondances", le titre du poème
"Harmonie du soir" donne une des clés de son interprétation.
Tout en respectant la rigueur métrique et le ton du pantoum,
Baudelaire en fait le lieu de la transfiguration poétique d'un
paysage crépusculaire.
Pourtant, le poème tient sa réussite de ce que Baudelaire
a appelé la "sorcellerie évocatoire"
ou la "magie suggestive" de la poésie
qui devient alors un art purement suggestif et symboliste.
Pistes
pour une lecture méthodique
1. Signification
du titre et structure du poème
2. Étude du lexique
3. Étude
des thèmes
4. Étude des images et
des comparaisons
5. Étude du rythme
et des sonorités
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