CHANSON
Cette douce fortune, la
mienne,
qui réjouit ma maison
nue,
si jamais la douleur venait,
oh! joie, oh! fortune mienne,
ouvre-lui la porte toi-même.
Mais avant que tu fuies
ma demeure,
ceins-moi, je te prie,
de ton souvenir,
et laisse libre l’entrée
à tout vent mauvais
et à tout augure
de mort.
Autant que ma fortune durera,
— est-elle proche ma douleur
ou lointaine?
je veux me lancer sans
souci
aux abîmes de mon
bonheur
où rien ne me trouble
et ne me blesse.
Oh, douce fortune, la mienne,
déjà je ne
crains plus rien —
si jamais la douleur venait,
oh! joie, fortune mienne,
ouvre-lui la porte toi-même!