A L’ENTRÉE
DU MÉTRO, LES MAINS ET LES PIEDS LIÉS PAR DES DOUANIERS BARBUS,
J’AI VU MARTHE S’EN ALLER DANS UN TRAIN FRONTALIER. JE VOULAIS LUI SOURIRE,
MAIS UN MILICIEN POLYCÉPHALE M’EMPORTA AVEC LES SIENS ET MIT LE
FEU AU BOIS
Escaliers de cristal sur
les quais de soleil
où passent des trains
de lumière sur les plages ouvertes
entre des murs transparents
et des coraux sarmenteux,
oiseaux, yeux de clarté
au bruissement des branches.
Est-ce toi, blanche dans
le blanc de cette aube insulaire
— liquide ton regard, attentive
à des musiques innées —
qui écris d’humides
adieux dans la fôret des vitres
avec la semence de la nuit
pour un songe déclos?
Tu t’en vas au delà
de la joie, vers le rivage enchanté
avec des géants
ivres vers la grotte épineuse,
des faucons desséchés
vers les rocs que se signent,
la mer foulée des
dieux aux nocturnes furtifs.
Je ne puis t’atteindre en
dormant, aveugle de lumière et d’esprit,
vêtu comme un enfant
sans voix et sans bagage,
parmi des bêches
gardées par des hôteliers biformes :
les passeports sont vieux
et les cœurs sont sanglants.
Tu emportes collines et
ruisseaux et les lacs étoilés,
des fonts d’ombre et de
gel dans tes malles profondes ;
un garde ténébreux
du haut de terre en flammes
me crie d’un nom étrange
et dit non de la main.
Hors des murs ondoyaient
des drapeaux déchirés.