DÉCAPITATION
XX
Mon pauvre, que te reste-t-il?
Soumets-toi au soleil et
regarde en arrière:
tu aimeras ton ombre toujours
propre,
intègre, inviolée,
comme une neige noire.
Ombre unique du torse et
de la tête.
Le sable de tes heures,
encore
assez épais, ne
tourbillonne pas.
Mais la lune à son
déclin commence
à descendre, lente
guillotine.
Doux et soudain trépas!
— dit-on —. Et ce qui t’attend
— dit-on — ce n’est pas
la mort, la mort posthume.
— Veux-tu te confesser?
Ou quel dernier désir
(gouffres, tombes) exposes-tu?
— Tombes et gouffres...
— Comment?
— J’attends deux choses,
mais je vois que elles
ne portent un nom
que dans votre ciel.
Hélas, que le papier
d’émeri!
Hélas, que le lubrifiant!
Ombre de neige, panier,
roses.
Guillotine rayonnante,
que n’as-tu affaire à
l’hydre!