LE TOMBEAU DE STÉPHANE
MALLARMÉ
Ce desert nourrira l’accord
jadis pas mûr
En erigeant des mots sur
un socle hagard
À côté
de la nuit que nous connaissons tard
Car elle n’a qu’un nom
à offrir au futur
Ce signal élancé
n’abolira l’obscur
Milieu où le vol
le flétrit du regard
Bien qu’il sera creusé
sur mont secret sans fard
Par les vagues absentes
d’un silence plus pur
Sortilège des yeux
où le seul nu fut gain
Accompli du desir et prison
l’aventure
Et don aussi parfait le
cycle tout de l’an
Maintenant la nuit vient
reprendre la lecture
Et le sommeil alors étincelle
et l’élan
Reste toujours sans dire
et tient au signe en vain.