Je cherche la source, j’interroge
chaque chose, mais toujours
les bêtes du silence
errent sans voix
autour de moi; et dans
le sentier du bois
de la pensée stérile
qui me mène
vers la nuit, au cśur des
montagnes,
dur et solitaire, je me
suis perdu.
Passe la tristesse dans
les yeux
du bûcheron lassé,
chargé de branches,
léger de songes,
qui ne trouvera plus les
samedis
de plaine au sable du rivage
où les grappes rouges
du couchant
invitent les marins à
l’accostage.
Je ne connais plus d’autre
grève
que la dernière,
au fond du bois dressée,
haute paroi de roche sans
appui.
Comme les monts je fais
silence,
la voix s’est retournée
en l’âpreté
et ses racines aux grandes
profondeurs
n’aspirent que des eaux
muettes.
Mais parfois, sur le sauvage
rocher
hors du chemin, l’arbre
de la parole,
vieux et desséché,
murmure une légende.
De virginaux feuillages
printaniers
emplissent le bois de l’énigme,
et le lion tout puissant
tourne,
errante bête apprivoisée,
comme dans la fosse de
Daniel.
Alors, saisi par les cheveux,
comme un ange emporté,
je m’élève
tout à coup
et c’est un vol qui transfigure.